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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 00:00
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Published by Yann Sinclair
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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 23:00

A

DES CARDINAUX

AATRI (geofroio), fut fait cardinal par Urbain IV en 1261. Il mourut en 1287.

D'ABBEVILLE. — Nous trouverons sous ce nom, un cardinal-archevêque de Besançon, au xni' siècle; mais les détails nous manquent sur sa vie.

Abrantes(verissimoalencastro D'),de l'illustre famille des ducs d'Abrantès, était archevêque deBraga et de Lisbonne,et grand inquisiteur de Portugal. — Créé cardinal en 1086 par Innocent XI, il mourut en 1692, âgé de 82 ans.

ACCIAIOLI (angelo), archevêque de Florence, fut créé cardinal par Urbain VI, en 1384.—Il rendit un grand service è ce Pontife, en déjouant habilement les desseins du cardinal de Pralo, qui voulait diHacher les Florentins de l'obéissance d'Urbain, pourles soumettre à Clément VII. C'est alors qu'Acciaïoli écrivit, en faveur du premier, un ouvrage, où il s'attachait moins à combattre l'élection de Clément, qu'a rechercher les moyens de mettre (in à un schisme si funeste è l'Eglise. Après la mort d'Urbain VI, les cardinaux du conclave furent partagés; do quatorze qu'ils étaient, il y eut eu six pour Acciaïoli, etsix pourOrsini. Ilsdemeurèrent fermes dans leurs choix de part et d'autre, et ce n'est qu'au second scrutin qu'ils se réunirent sur Boniface IX. Celui-ci s'empressa de donner de grands emplois à Acciaïoli. Il l'envoya légal au royaume de Naples, où il devait commander des troupes en faveur de Ladislas contre Louis II. Il fut même nommé régent du jeune prince, qui n'était âgéque de seize ans, et qu'il couronna àGaëte en 1390. Ladislas ayant ensuite résolu de reconquérir le royaume de Hongrie, le cardinal Acciaïoli eut ordre di-, l'accompagner, et fut nommé légat en Hongrio, Esclavonie, Dalmalie et Croatie. Ce voyage ne répondit pas aux espérances qu'on avait conçues. Le légat revint à Rome, où il parvint-à réconcilier la famille des Orsini avec Bobiface. Ce Pontife lui avait donné l'évêché d'Ostie, et l'avait fait vice-chancelier de l'Eglise. Le cardinal Acciaïoli se trouva encore a l'élection d'Innocent VII,sous le pontificat duquel il réforma le monastère de SaintPaul de Rome. Il mourut à Pise en 1407. Son corps fut porté à Florence, et inhumé

dans la Chartreuse qu'avait fondée Nicolas Acciaïoli. (Voy. Onupure; Ciaconics.

ACCIAÏOLI (nicolas), de la famille du précédent, naquit à Florence le 10 juillet 1630. —11 ne dut qu'à sa vertu et à ses talents les emplois dont il fut investi. D'abord auditeur de la chambre apostolique . puis légal à Fer rare, il fut élevé au cardinalat par Clément IX le 29 novembre 1669. Jl mourut doyen des cardinaux, le 23 février 1719, âgé de 89 8ns, et la 50' année de son Cardinalat. Il est inhumé à Rome dans l'église de Saint-Jean des Florentins. Dans deux canclaves il eut un certain nombre de voix pour le pontificat.

ACCIAJUOL1 (philippe), Florentin , né en 1700, évoque d'Ancône, fut fait cardinal par Clément XIII en 1759. — Il mourut on 17C6.

ACCIPAC10 (nicolas), né à Sorrento, ville de a Terre de Labour, au royaume de Naples, avait été reçu docteur en droit canonique et civil avant d'être promu à l'évêché de Tropea, d'où il passa à l'archevêché <ie Sorrenlo, puis à celui de Capoue. Eugène IV lui donna lo chapeau de cardinal en 1439, après l'avoir employé en plusieurs négociations importantes, dont il s'était acquitté avec honneur. 11 suivit d'abord le parti d'Anjou contre celui d'Aragon , pendant lis troubles du royaume de Naples; mais, depuis, il so rangea du côté du roi Alphonse, qui était demeuré victorieux. Il mourut en 1447. (Voy. Ciaconids ;—Ughelly.

ACCOLTI (piwkre), né vers 1455, d'une ancienne famille de Toscane, s'attacha à l'étude du droit, qu'il professa avec distinction. — 1! fut nommé vicaire de Rome par le Pane Jules H, qui le créa cardinal en 1511. Il tut auditeur de Rote pendant 25 ans,posséda successivement les évêchés d'Ancône, d'Arras, de Crémone, et en 1524, l'archevêché de Ravenne. Il a écrit quelques ouvrages historiques. Il mourut à Rome le 11 décembre 1532.

ACCOLTI (benoît), né à Florence le 29 octobre 1497, était neveu du précédent.— Il était si profondément versé dans le droit et dans la langue latine qu'il fut appelé lu Cicéro» de son temps. La faveur de son onde et son propre mérite rélevèrent à la cour do

Borne. Léon X lui donna l'évêché de Cadix, Adrien VI, relui de Crémone : puis il succéda )• Pierre, son oncle, dans l'archevêché de Ravenne. Clément VU le créa cardinal le 3 mai 1527. C'esl à la demande de ce Pontife qu'il écrivit un traité des droits du Pape sur le royaume de Naples. Outre les dignités dont nous venons de parler, il eut encore la légation de la Marche d'Ancône. Il mourut à Florence en 1549.

ACCORAMBON1 (joseph), né au diocèse de Spolette le 24 septembre 1674, avocat consislorial, et secrétaire de la cangrégation d'Avignon et de Loretle, fui choisi, le 9 mai 1721, par le Pape Innocent XII pour son sous-datiiiro, et continué dans cet emploi par Benoît XIII le 29 mai 1724. — Déclaré archevêque «le Philippe en Macédoine in partibus infidelium, le 11 septembre suivant, il fut sacré le 21 du même mois dans la chapelle du palais Quirinal par ce nouveau Pape, ;>ssisté des archevêquesde Corinlheetd'Emhrun. Benoit XIII le choisit pour son auditeur le 12 juin 1726, administrateur de l'é\êché d'Osirno en février 1727, et l'ayant désigné évêque d'Imola dan* lu Rornagne en mars 1728, il proposa pour lui cette Eglise dans un consistoire tenu le 12 avril suivant. 11 le créa cardinal de la sainte Eglise romaine le 20 septembre de la même année, et fll la fonction de lui donner le chapeau le 23 suivant, et celle de lui fermer et ouvrir la boucho le 15 novembre. Il lui assigna en même temps le titre presbytéial de Sainte-Marie au delà du Pont, duquel il prit possession le 18 décembre de la même année 1728. Ce cardinal mourut en 1747.

ACTON (charles). — « Le cardinal Acton est mort à Naples le 27 juin 1847 à trois heures du malin, dans le couvent des RR. PP. Jésuites. Il n'y avait pas trois jours qu'il était arrivé de Pnlerme, d'où le rappelaient, moins l'espoir d'une guérison sur laquelle il ne comptait plus, que les vœux de sa malheureuse mère. La mort du cardinal Acton est i ne des perles les plus sensibles pour le Sacré Tolléçe et pour l'Eglise. Sous les dehors d'unehuraililé si profonde qu'on eût pu la prendre pour de la timidité, il cachait une haute intelligence et une rare sagacité pour les affaires. L'exquise boulé de son cœur surpassait encore l'élévation de son esprit. Nous l'avons vu se priver des choses les plus nécessaires pour secourir les pauvres; sa noble mère, modèle elle-même d'une admirable charité, était obligée souvent d'arrêter cette héroïque et sainte prodigalité qui lui.faisait donner jusqu'à son linge et à ses propres vêtements, quand il n'avait plus d'argent à offrir aux malheureux.

« Le cardinal Acton était né à Naples le 6 mars 1809. Créé cardinal et réservé in petto dans le consistoire du 18 février 1839, par le Pape Grégoire XVI, il fut proclamé dans celui du 24 janvier 1842, et reçut le titre de Sainte-Marie de la Paix. Il était membre de douze congrégations, protecteur d'un trèsurand nombre de communautés et d'établisH'ineuts religieux.»

_ ADALBÉRON. — Ce cardinal-archevêque de Reims esl mort en 988. Il a sacré Louis V et Hugues-Cape!.

ADDA" (ferdinand D'), né à Milan Ie27 août 1651. Après avoir été archevêque d'Amasie et nonce en Angleterre auprès du roi Jacques II, fut nommé, le 13 février 1690, par le Pape Alexandre VIII cardinal du litre de Sainl-Pierre-ès-Liens. Il fut depuis évêque d'Albano, et mourut è Rome, le 27 janvier 1719,en sa 69* année.

Adelard'de Vérone , nommé par le Pape Luce III, en 1185, prêtre cardinal du litre de Saint- Marcel, puis évoque de Vérone, fut légat en Orient.

ADHEMARou ADIMAR (alamanno), était un noble Florentin. Après avoir fait ses études à Florence, il fut reçu docleur en droit canon et en <lroit civil, et pourvu d'un canonicat do la cathédrale de Florence. — il se rendit à Rome, et y fut bien accueilli. Le Pape Boniface IX le goûta, et le fit prolonotaire apostolique. En 1400, il fut nommé à l'évêché de Florence, qu'il no gouverna qu'un an, ayant obtenu, le 22 décembre 1401, l'archevêché de Tarenle, et peu après celui de Pise. Lo Pape Jean XX11I, dès le commencement de son pontificat, l'envoya, 1411, en ambassade auprès du roi de France Charles VI. Adimar fil obtenir aux religieux Céleslins le pouvoir de dédier toutes les églises qu'ils avaient en France. Le Pape satisfait de son ambassadeur, le fit cardinal le 6 juin de la même année 1411. Il l'envoya ensuite en Espagne pour lâcher de réconcilier ce royaume avec la cour de Rome, et pour engager les Espagnols à faire la guerre aux Sarrasins. Adimar n'était qu'archevêque de Pise, lorsqu'il assista au concile qui s'assembla dans cette ville, et qui fut ouvert le lundi 25 mars 1409. Dansla seconde session, ce prélat lut 1° le décret du Pane Grégoire X, De la Procession du Père et du Fils, comme d'un seul et non de deux principes: les Grecs avaient consenti à cet article en 1274, au second concile général de Lyon. 2° Il lut un décret qui portait que, conformément aux décisions du même concile de Lyon, le concile de Pise « croit et professe, louchant la Trinité, la foi catholique et les sacrements, tout ce que l'Eglise a tenu et enseigné, et qu'elle lient et enseigne aujourd'hui ; et qu'il tient tout hérétique et schismaliquo damné avec le diable, s'il n'est réconcilié avecl'Eglise avant sa mort.» Léonard Arelin, secrétaire du Pape Grégoire XII, qui était alors à Pise, écrivant à Robert Ruffus, lui parle ainsi d'Adimar: «Je voissouvent Alamanno, archevêque de Pise, votre parent, homme très-digne de toute louange, et souvent nous nous entretenons do vous. » (Episl. 9, Léon Aretini, p. 98, éd. J. A. Fabncii.) Adimar se trouva aussi au concile de Constance, étant alors cardinal ; il y présenta un mémoire en faveur de la réformalion dans le chef et dans les membres. 11 y contribua beaucoup à l'élection de Martin V au souverain pontifical; ce Pontife l'envoya dans la suite en Aragon, avec la qutlilé d«

légal du'Sainl-Siége, pour engager l'anlipape Fierro de Lune à renoncer à ses prétentions; inais n'ayant pu vaincre son opiniâtreté, le légal l'excommunia, et retourna à Rome. Il mourut de la peste à Tivoli le 27 septembre 1422. Son corps fut porté à Rome, et inhumé dans l'église Je Saint-Marc-la-Neuve, avec cette inscription tumulaire :

Corpus Alamanni cardinalis Pisani, Flnrenlia» e\ Adimuriorum nnli<|iia nohiliqne familia orii, utriusque juris docloris, et in omni lilierariini génère eruilili quipriuiumprnionolarius, deinde Tarenliniis, pnsl Pisanus an hiprxsul, ad cardinalaiiis apioein proveeltis esi, diim pro Roniana Erc'esia fuiigcrciur. Doclorum virorum ainalor et cutlor, vif ipse dorlissimus, zelalor jusiilix, et communia reipnldicx boni, pro K<Tlrsi;e unione apud Pisanum Cousin nlienseque conciliuin, usque ad opiaiam conCHisionem, neniinem verilus, lalmravii intrépide. Obiilex peste, annoxialissuxsexagesimo, Chrisii vero supra millcsiimim qnadriiigciiiesi■ 11uni vicesimo secundo, die 27 Scpiemhris.

(Voy. {'Histoire des conciles de Pise et de

Constance, par Jacques Lenfa.it.)

ADRIEN IV (Nie. Breakspeab ou BriseLanCe), est le seul Anglais qui ail été élevé à la papauté. Né à Abbots-Lenglcy.dans leHertfordshire, il fut pendant son enfance réduit à mendier. Son père, qui était domestique dans l'abbaye de Saint-Albans, y fut reçu en qualité de frère convers, et y prit l'habit après la mort ue sa femme qui, dit-on, no subsistait que des aumônes de l'Eglise de Cantorbéry. Le jeune Breakspear venait chaque jour, è la porte de l'abbaye, recueillir les restes de la table des moines. Pitseus ajoute que, son père l'ayant chassé, il vint en France, et qu'il y étudia dans l'université de Paris. Mais les actes du Vatican portent

3 ne d'Angleterre le jeune mendiant se renit a Arles en Provence. De là il parvint à se faire recevoir domestique dans le monastère de Saint-Ruf, près d'Avignon. C'est là qu'il s'initia aux lettres, dans lesquelles il lit de rapides progrès. Ses talents, sa bonne, conduite, sa persévérance au travail plurent aux religieux, qui l'admirent dans leur sein, ■a enfin il fut élu abbé et général de cet ordre. L'état où on l'y avait vu ne larda pas à exciter l'envie, el à lui faire des ennemis déclarés do ceux qui prétendaient à la supériorité. On l'accusa de divers crimes dont il se justifia auprès du Pape Eugène III, qui dit à ses adversaires, en les congédiant: ■ Allez, faites choix d'un supérieur avec qui vous puissiez vivre en paix: celui-ci ne vous portera plus ombrage. » Eugène le retint auprès de lui, le créa, en 1146, cardinalévêque d'Albano, et l'envoya ensuite , en qualité de légat, en Danemark et en Norvège, où il travailla avec succès à la conversion des peuples barbares. A son retour, il fut bii n accueilli par le Pape AnaslaselV auquel il succéda en 115'». ( Voy. pour la suite, le Dictionnaire des Papes.)

ADRIEN V (ottobon De Fiesque), né à Cènes, neveu d'Innocent IV, succéda à Innocent V, qui n'avait occupé le siège que cinq mois, et nel'occui a iui-iuéiuequ'un seul

mois. Il était déjà malade, quand il fut élu en 1276. ( Voy. le Dictionnaire des Papes.)

ADRIEN VI (adbibn Fi.obet Boyebs), élu Pape en 1522, était connu sous le nom d'Adrien d'Ulrecht, qu'il ne voulut point changer à son avènement au Saint-Siège. Il était né, en 14-59, d'un père tisserand. Il fit ses études à Louvain dans le collège des Portions, où l'on recevait gratuitement des pauvres. Ses succès engagèrent Marguerite, sœur d'Edouard IV, d'Angleterre, et veuve de Charles le Téméraire, à le prendre sous son patronage. Devenu successivement ehanoine de Saint-Pierre, professeur de théologie, doyen de l'église de Louvain, et enfin vice-chancelier do l'université, il paya dans la suite sa dette de reconnaissance envers cette université, en fondant à Louvain un collège qui porta son nom, et fut destiné à l'entretien gratuit des pauvres qui voudraient étudier. Bientôt Maximilien I", empereur d'Allemagne, le choisit pour précepteur de son petit-fils, qui fut Charles-Quint, et ensuite l'envoya comme ambassadeur auprès de Ferdinand le Catholique, qui lo nomma à l'évèché de ïorlose en Espagne. Après la mort de Ferdinand, Adrien partagea la régence de ce royaume avec le cardinal Ximénès. Promu au cardinalat en 1517, il fut chargé du gouvernement de l'Espagne parson élèTe, lorsque celui-ci partit, en 1520, pour aller recevoir la couronne impériale. Il succéda à Léon X en 1521. ( Voy. le Dictionnaire des Papes.)

ADRIEN, cardinal, naquit vers 1458 à Corneto. On n'est pas d'accord sur sa famille. — Après avoir étudié à Rome, avec succès, les langues anciennes , il montra tant d'habileté dans les alfaires qu'il fut envoyé, par Innocent VIII, nonce en Ecosse et en Angleterre. Alexandre VI le rappela auprès de lui, pour en faire son secrétaire, l'admit à sa confiance la plus intime, le chargea do plusieurs nonciatures importantes, lui conféra la charge do trésorier, et enfin le décora de la pourpre. Les richesses qu'il avait acquises excitèrent la cupidité de César Borgia qui lo fit, dit-on, empoisonner dans le même repas où l'on prétend qu'Alexandre VI prit le poison qu'il destinait à plusieurs cardinaux. Adrien ayant échappé à l'elfel du poison, fut obligé , quelques années après, de s'enfuir de Rome, sous le pontificat de Jules IL II revint à Rome après l'exaltation de Léon X ; mais, accusé d.être entré dans la conspiration du cardinal Petrucci, il fut condamné à une amende, el s'enfuit encore. Depuis ce moment on n'a rien de certain sur sa vie.— Adrien a composé d'élégantes poésies latines, et parmi lesquelles on dislinguo le morceau sur la chasse el le voyage de Jules 11 à Bologne. Il a fait deux autres ouvrages qui ont été réimprimés plusieurs fois : 1* De veraphilosophia; c'est un traité de la religion chrétienne, élégamment écrit cl rempli d'érudilion ; 2" De sermone latino et de modis latine loquendi. Les deux parties de cet ouvrage , après avoir paru séparément, lurent ensuiteimprimées ensemble, Rome, 1515, in-fol.; la première renferme l'histoire de In langue latine, depuis sa fondation jusqu'à sa 3omplèle décadence ; la seconde contient les expressions et les locutions les plus élégantes tirées des auteurs classiques. L'une si l'autre partie attestent dans l'auteur un habile et profond humaniste.

AGNÈS (astobgo), à qui Sigonius donne le surnom de Spatinfacia, était de Naples, et d'une famillo noble et ancienne. — Martin V le pourvut de l'évfiché d'Ancône et du gouvernement do la province de la Marche. Eugène IV lui donna l'évôehé de Bologne . puis l'archevêché de Bénéveul. Nicolas V le créa cardinal en 1449, pour reconnaître les grands services qu'il avait rendus à l'Eglise". Il les continua avec zèle, et mourut le 10 octobre 1450, à Rome, où se voit son tombeau dans le cloître de l'église de la Minerve. (Voy. Onuphre, Ciacojuus, Blonuus.)

AGNIFILO (amicio), né a Aquilée, étudia à Bologne, où il fut professeur de droit canon.— Ut-ut ensuite un cauonicat dans l'église de Sai'iti'-Mirie Majeure. Alphonse et Ferdinand, rois de Naples, le choisirent pourun de leurs conseillers. Pie II le nomma évêque d'Aquila, dans le royaume de Naples, et l'an I II le fil cardinal en 1464. Apres avoir travaillé utilement pour l'Egli>e, il mourut le 9 novembre 1476. {Voy. UrbaNius Filicius, S. Induis congreg. censor.)

AGOSTINI (etienne), né à Forli, dans la Romagne, archevêqued'Héraelée, fut nommé cardinal par le Pape Innocent XI, le 1" septembre 1681. Il mourut à Rome, le 21 mars 1683 y âgé de 68 ans.

AGUCCHIO (JfcnoME), né à Bologne, prêtre cardinal du titre de Saint-Pierre es liens, était neveu du cardinal Sega et frère du savant Jfan-BapliVc Agucchio, archevêque d'Amasie. Jérôme, créé cardinal par Clément VIII, eu 1604, mourut peu après, lo 27 avril 1605, le même iour de la mort de Léon XI.

AGUILAR (alonzo), cardinal do Cordoue. Nommé cardinal par lo Pape Innocent XII, le 22 juillet 1607; il mourut à Madrid, le 10 septembre 1699, avant d'avoir reçu ses bulles, âgé de 46 ans.

AGUILAR (pikrre Manriqiez D'), évoque de Cordoue, fut fait cardinal par Paul III, en 1538. — Il mourut en 1540.

AGU1RRE (joseph Saenz D"), naquit à Logrono, le 24 mars 1630, et entra jeune encore dans l'ordre de Saint-Benoît. — Il y lit de si grands progrès, non-seulement dans la piété, mais encore dans toutes les sciences convenables à son état, qu'après «voir été plus d'une fois abbé du collège de SaintVincent a Salamanque., il fut nommé premier interprète de l'Ecriture dans eetlo fameuse université, puis censeur et secré

taire du conseil suprême de l'inquisition en Espagne. Knlin le Pape Innocent XI lui donna le chapeau de cardinal en 1686.Cette nouvelle dignité ne lui fil en rien interrompre ses études, et ne l'empêcha pas de continuer les ouvrages qu'il avait commencés, ni de les donner au public. Sa vie fut toujours exemplaire; la pourpre, dont il se vil revêtu, ne diminua rien de la modestie et de la simplicité qui lui était naturelle. Il mourut à Rome le 19 août 1699. Son premier ouvrage est intitulé : Ludi Salmanticenses ; ce sont des dissertations théologiques, qu'il composa selon l'usage de l'université do Salamanquo, avant d'y recevoir le bonnet de docteur, et qu'il fit imprimer en 1668. En 1671, il donna trois volumes de philosophie. En 1675, il publia un ouvrage sur les livres de la morale d'Arislole; et en 1677, un Traité des verlus el des vices. Dans les années suivantes, il publia trois forts volumes sur la théologie de saint Anselme ; on y voit qu'il avait étudié à fond les ouvrages de ce Père. Il composa aussi un livre, imprimé en 1683, contre la déclaration de l'assemblée du clergé do France, de 1682, touchant la puissance ecclésiastique el politique, sous le titre de : Defcnsio cathedrœ sancti Pétri. On lui en attribue un autre intitulé : De libertatibus Ecclesiœ Gallicanœ, contre les quatre articles de la même assemblée : ce dernier n'est pas du cardinal d'Aguirre; il est de M. Charles , prêtre du diocèse de Pamiers, qui composa cet ouvrage à Rome, où il s'était retiré lors do l'affaire de la regale. Enfin , après avoir donné, en 1686, une table, avec notice, d'une nouvelle collection de conciles d'Espagne , le cardinal d'Aguirre fil imprimer celte collection a R'.me, eu 1693 et 1694. (Voy. Mémoires du temps;Dupin , Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du Xhi* siècle.)

Voici l'épitaphe que ce cardinal composa r»our lui-môme peu de temps avant sa mori:

J ifcjili S..cns de Aguirre, luilioue

llispanns,

Pnlria Lucronensis, vila pcccaior,

Appeltaliune Monaclius sancli Benedicli,

Studio Ihcologus;

Miseraiione divins

S. R. E. Cardinalis lilul. S. Marix super Mineivam,

Proieclor rogni Siciliae.

Orale Doiini proeo.

Oliiit die 1!) Angiuli, auno Domini 1699.

Miserere mei, Domine, quia peccavi super iiumcrum

Aiena' maris.

AIGREFEU1LLE (guillaume), premier de ce nom, et proche paient du Pape Clément VI, prit l'habit de religieux parmi les Bénédictins de la congrégation de Cluny, el fut prieur do Saint-Pierre d'Abbeville. — Clément VI, ayant été élevé au pontificat, lui donna l'archevêché de Saragosso, dans le royaume d'Aragon. Le même Pape le fit cardinal en 1350, et l'employa en diverses affaires. Urbain V, qu'il suivit à Rome, l'envoya à Naples en qualité de lé^at. Il mourut a Vileibe, le 4 octobre 1369. (Voy. AuBLllT ; — Frizo.n, etc.)

AIGREFEUILLE (guillaume), tlil/e Jeune, élail neveu du précédent, et, comme lui, issu d'une famille noble du Limousin , de laquelle sont sortis les Papes Clément VI et Grégoire XI. — Ses manières distinguées , el surtout ses connaissances dans le droit civil et canonique le firent considérera la rour de Rome. Le Pape Urbain V, en considération du l'oncle, dont il faisait grand cas, honora aussi de la pourpre le neveu , l<- 12 mai 1367, bien qu'il ne fût âgé que de 28.ans. Il s'attacha ensuite au parti du Pape Clément VII, auquel il rendit de grands services, fut.légal un Allemagne, el mourut n Avignon le 13 janvier 1401. (Voy. Frizon, Gall. purpur.;Bosquet, in Urbano V;Aiimhi. Wios.in Lignovilœ, liv. u.c.9, etc.)

AIGRKFF.U1LLE (faydit), frère et neveu des précédents, évéque de Rhodez, puis d'Avignon, fut créé cardinal par l'anti-papo Clément VII, en 1383.—Il mourut en 1388.

AILLY (pierre D), né à Compiègne en 1350, était fils d'un boucher, mais qui prit grand soin de sou éducation. — Il acheva ses études à Paris, où il avait été reçu boursier au collège de Navarre, en 1372. Reçu docteur dans l'université de celle ville , en 1380, il fut pourvu d'un canonicat à Novon, la même année. Il enseigna la philosophie

et la théologie, et devenu grand maître du collège de Navarre, il fut choisi on 1387 par l'université pour poursuivre è Avignon, devant le Pape Clément VU , la condamnation de quelques propositions trop hardies que le Dominicain Jean de Monteson avait avancées sur la conception de la sainte Vierge, el sûr plusieurs autres points. L'université eut tant a se louer de son zèle, qu'à son retour il en fut élu chancelier. Le roi Charles VI voulut l'avoir pour confesseur et pour aumônier la même année 1389. Il fut nommé archidiacre do Cambrai, puis trésorier de la S;iiote-Chapelle de Paris, en 1394 ; l'année suivante, évoque du Puy en Volai, et entin évoque de Cambrai en 1396. Il se démit alors de la chancellerie de l'Université de Paris en laveur du célèbre Gerson. Le roi l'employa en diverses négociations , notamment à foccasion du schisme qui divisait l'Eglise, et l'envoya à Rome et a Avignon, où il parla avec une liberté chrétienne. En 1405 , il prêcha a Gênes sur le mystère de la Trinilé, dont la fête fut alors instituée par Pierro de Lune, nommé Benoit XIII, et déposé au concile de Constance.On le nomma, avec les cardinaux des Ursins , d'Aquilée et de Floronce, pour rechercher les causes dos hérésies de leur temps, et pour proposer ensuito les remède» propres a en arrêter les progrès. Le cardinal d'Ailly mourut à Avignon , où il était légat de Martin V, en 1420. Son corps lut porlé à Cambrai et enterré dans la cathédrale. On l'appelait l'Aigle des docteurs de la Fronce et le destructeur des hérésies. Jean Gerson, qui lui succéda comme chancelier de l'université de Paris, el de Ciémangis, avaient été ses disciples. Le cardinal, en mourant, laissa sa biblio

thèque au collège do Navarre. On plaça celle épitaplio sur son tombeau :

Mors rapnil Peiriim; petram subiit pulre| corpus;

Siiil pelrani Cliristum spiritus ipse petit. Quisquis ades, precibus fer opein, semper que i»e

[itlCIllO.

Qnod praeter mores omnia morie caduni.

Namquid auior regum.quidopes.quidgloria durent,

Aspicis; liaec aderani lune mini, niincabeunt.

Il a laissé des manuscrils qui témoignent de son savoir el de l'étendue do ses connaissances. Le plus considérable est celui qui traite de la réfurmi? de l'Eglise ; il s'y élève contre le grand nombre des ordres mendiants, contre le luxe des dignitaires ecclésiastiques , contre les excommunications el la multiplicité des fêtes. Il pensait que la puissance spirituelle peut, en certains cas, disposer des trônes. Mais ce prélal réformateur paya tribut aux erreurs de son siècle. Il était un des adeptes do l'astrologie judiciaire. Dans les traités intitulés : Concordantia astronomiœ cum theologia, et concordanliu astronomiœ cum histona, Vienne, 1490; Venise, 1594, in-4°; il fait coïncider les résolutions des empires avec les conjonctions des grandes p'anèles, et il prétend que le déluge, la naissance de Jésus-Christ, et les miracles, ont pu être prédits par l'astronomie. Ses Traités et ses Sermons ont été imprimés à Vienne en 1490 ; sa Fie du pape Célestin V, à Paris, eu 1539, et ses Météores a Strasbourg, 1504. (Voir FroisSart, l.iv; Juvenal Des Ursins,in Caroto VI;Monstrelet, Hisl.;Tritiieim, De script, eccles.; — Duim i.w, Hisl. de l'université de Paris ; — Dupin, Bill, des aut. ecclès.) On trouve l'énumération des OEuvres d'Ailly dans celles deGeison, dans l'Histoire du collège du Navarre, par Launoi , et dans la Bibliothèque nouvelle des manuscrits do Monlfaucon. (Voy. la Notice sur le cardinal d'Ailly, par M. Dinaux.)

Voici son éloge par le P. Alby (1644) : « L'honneur n'est qu'un accident de la vertu, et plutôt une enseigne pour la montrer, el pour la faire suivre, qu'un prix de ses victoires, et qu'un juste salaire pour la récompenser ; ce qui a rendu de tout temps les vertueux et les sages aussi braves h mépriser ces livrées de pompe , et ces accessoires du vrai mérite qu'ils ont été retenus à rechercher un bien, qui ne pouvait être ni le but de leurs intentions, ni la mesure do leurs devoirs. Outre que les dignités que la faveur humaine distribue, étant souvent le partage des indignes, comme de ceux qui les ont méritées; il semble que les bons souffrent quasi moins d'injure d en être reculés, que d'être comparés avec les méclianls. Si faut-il encore avouer que la vertu tire cet avantage de la part qu'elle prend en celte distribution , que les honneurs qu'elle reçoit rendent quelque témoignage à reux qui la veulent chercher .de ce qu'elle vaut, el adoucissent l'amertume qui se trouve en sa recherche, par l'espérance qu'ils font prendre, d'entrer par l'imitation des vertueux dans le commercede la gloire qui les a suivis, pour avoir suivi la vertu.

t Le cardinal Picrro d'Ailly servira enlro les autres a rendre ce témoignage au mérite de la verlu ; nui élnnl né pauvrement dans une petite maison comme un limaçon dans sa coque, dépourvu de tous les moyens qui pouvaient aider à son avancement, en sortit pour éclore ses vertus dans la pourpre, et pour faire voir au monde que la vertu ne peut jamais être si pauvre, et si dénuée de commodités, qu'elle ne donne an monde plus d'ennui que de pitié, et qu'elle ne soit toujours un riche parti pour ceux qui la veulent épouser avec ses droits.

« Il est vrai que parmi les grandes stérilités de fortune qu'il trouva dans sa mai* son, il apporta au monde de si généreuses semences de sagesse et de vertu, qu'il ne pouvait laisser de doule, qu'une médiocre culture n'en tirât des fruits excellents, s'il était appliqué aux exercices qui en pouvaient aider, et avancer la production. Il sortit à cet effet deCompiègne, qui était le lieu de sa naissance, pour aller à Paris, et ouvrirquelque voie favorable à un meilleur destin. Il se présenta pour valet au collège de Navarre, où il servit un temps de sousportier ; et où il se prévalut si bien des moindres instants de son loisir, qu'il ménageait à son profit, qu'il en fit un trésor d'épargne, et une riche provision de science.

« Comme la nécessité l'avait endurci do bonne heure au travail ; ce qui donnait de la peine aux autres ne lui donnait que de l'exercice. Il n'y eut rien de si haut, ni de si diflicile dons tous le cerclo des sciences qu'il n'emportât par la vigueur do son esprit; ni de présage si avantageux de ses avancements, qu'il ne surmontât par les effets; tellement que dans peu d'années il fut jugé digne de la maîtrise, et capable d'enseigner aux autres ce qu'il avait appris. De laquelle fonction il s'acquitta avec tant de succès et de satisfaction d'un chacun qu'il sembla par une heureuse rencontre avoir trouvé la clef d'or des sciences et du sanctuaire des muses, après avoir quitté celle des portes du collège.

« Le mérite d'un esprit si rare et d'un savoir si exquis, ayant été reconnu dans les plus hautes chaires et sur les bancs de l'Académie, où il les produisit avec un singulier éclat, et où il soutint la réputation du premier savant et du plus subtil docteur de Paris, il fut enfin honoré de la dignité do chancelier do l'université, dans laquelle il acquit une telle réputation de suffisance, de probité et de sagesse, qu'il fut nommé par le roi à l'évôché du Puy en Velay, puis a celui de Viviers, et finalement a celui de Cawbray, où il fit partout lev^r, des semences de sa doctrine, et de ses exemples, une belle moisson de vertus, et où il ne laissa pas moins de marques honorables de ses travaux, que d'estimo d'une si digne et précieuse conduite.

« Que s il lui fut un honneur extrême, et un objet d'inestimable reconnaissance d'avoir été appelé a ces [charges, et incontinent après à colle do grand aumônier do France, par l'affection du roi, et par le jugement qu'il faisait de son mérite extraordinaire : ce .ne fut pas aussi un bonheur médiocre à Sa Majesté d'avoir trouvé en lui toutes les parties nécessaires pour en soutenir le ministère, et en remplir la dignité. Il ne fut point dès lors d'importante affaire, dont il ne fut ou le promoteur, ou l'arbitre; ni de différent en matière de doctrine qu'il ne réglât comme le prince des esprits. Co qui lui acquit les titres glorieux d'aigle de la France, d'ange tutélaire de la virhi, et d'exterminateur de l'erreur, qui lui furent donnés par le suffrage des savants, et confirmés par la voix des peuples.

« De toutes ces preuves qu'il donna au public de sa sagesse, et dosa probité singulière, on ne pouvait aUondre sinon la juste et la légitime acquisition d'une gloire plus avantageuse. Donc il fut ensuite envoyée la cour de Rome pour les affaires du royaume, où il reçut l'honneur du chapeau, et le titre de cardinal de la faveur du Pape Jean XXII, qui dans les funestes divisions de l'Eglise, crut de ne pouvoir mieux appuyer l'autorité qui lui était contestée, que du poids d'une suffisance si universellement reconnue, qu'elle élail capable do régler toutes les opinions, et d'assurer les doutes du monde.

« Il assista en cette qualité au concile qui fut assemblée Constance, pour terminer le différent du schisme le plus embrouillé qu'on eût encore vu dans l'Etat de la chrétienté, et qui tenait alors l'Eglise en larmes, le peuple en scandale, et tout le monde en inquiétude. Durant lequel deux Papes, qui tenaient alors le siège de Rome, s'étant volontairement déposés et dépouillés de leur dignité, l'un on présence, et l'autre par procureur, pendant que le troisième faisait mine, contre son serment, de vouloir retenir le pontifical, et de colorer son usurpation par la sûreté de sa conscience : la désolation de l'Eglise toucha lors si sensiblement tous les Pères assemblés, qu'il n'y en eut point de si intéressé qu'elle n'engageât dans son parti, ni de si froid à qui elle ne donnât de la passion, ni de si contraire qu'elle ne changeât, pour conspirer au dessein d'une nouvelle élection; pour laquelle le cardinal Pierre d'Ally agit si efficacement, tant par les livres qu'il composa. Des pouvoirs du concile général, et de l'élection du Pape, comme par les mouvements qu'il imprima de vive voix dans les esprits en ses doctes résolutions ; que l'on peut dire sans mentir, que c'est à lui principalement qu'est duc la louange d'avoir servi au Saint-Esprit d'un puissant instrument pour mener la nef de l'Eglise au port d'une heureuse tranquillité dans cette confusion d'esprits, et en dépit des vents contraires.

« Ce fut encore en ce temps et dans 'o

môme concile qu'il donna voguo (suivi de do son disciple Jean Gerson) 5 la dévotion envers saint Joseph le chaste époux de la Vicrgo : sur lequel sujet il avait écrit un livre intitulé, Des douze honneurs de saint Joseph, qui fut la première plume messagère de ses grandeurs, et la première trompette qui publia en Franco les singuliers avantages de sa dignité, de ses offices et de ses pouvoirs ; et qui éveilla la dévotion des peuples, avec la mémoire et l'estime de ses incomparables vertus.

« lise fil voir le reste de ses jours dans l'exercice de toutes les vertus actives qui concernent le bien du public; et toujours dans la lice des grandes occupations, tout couvert de sueur et de poudre, travaillant incessamment à choquer les abus de l'Eglise, à venger les sciences des outrages de ceux qui abusaient d'elles, à protéger la vertu, à justifier les innocents, et à opérer par la puissance de son génie la gloire do la religion, et la félicité de l'Etat. Et il fit sentir particulièrement les pointes de son zèle à ceux qui attentèrent malicieusement de fomenter les divisions dans l'Eglise, et qui, par une licence peu catholique, Attaquèrent de son temps la profession dos ordres mendiants, pour lesquels il écrivit une docte apologie, à laquelle il donna le litre de Bouclier de la pauvreté : faisant voir en toutes occasions qu'il se sentait olîensé en quelque endroit on offensât In justice et \a religion ; et que si la France portail quelque monstre qui les attaquât, elle avait aussi porté un libérateur pour leur défense.

« Sa vie, comme sa plume, étaient une leçon publique du genre humain. Ne se contentant pas d'avoir enrichi la théologie scolastique de ses doctes commentaires, il orna lu mystique de ses dévotes méditations, et de ses instructions spirituelles, qui le firent connaître non moins pieux que savant, et lui donnèrent le litre de maître des mœurs, après avoir longuement possédé sons ennui celui de maître des écoles.

« I! fil bien paraîlre que la vraie noblesse, et la générosité des mœurs n'est pas toujours attachée au sang, et que plusieurs de ceux qui sont venus au monde Carmi les araignées, portent l'âme plus noie et plus magnanime, que d'autres qui ont été reçus dans la pourpre et le clinquant. Les grands biens qu'il possédait du revenu de ses bénéfices, et des dons de nos rois, à qui il fut toujours aussi cher, comme il leur lut fidèle, servirent d'instruments à sa bonté et a sa charité, qui est la meilleure do toutes les vertus, d'ornements à sa dignité, et de semences à son mérite. Entre les autres fondations et célèbres monuments de sa piété, on voit au collège de Navarre un beau corps de logis qu'il fit nantir en mémoire et en reconnaissance que c'avait été le berceau où la fortune le recueillit et le consigna aux soins de la vertu

et des sciences, qui l'y élevèrent pour le bien du monde.

« Il conserva jusqu'à la fin une admirable vigueur d'esprit, et quoi qu'on ne vieillisse point d'ordinaire sans une notable diminution de soi-même, il fit assez voir dans les faiblesses de son âge avancé, que l'esprit était de l'homme et non pas du l'âge, et que ses talents et ses perfections tenaient l'instinct et l'éclat de leur durée, comme leur origine du ciel. Ses vertus aussi, qui n'ont d'ordinaire point d'autres limites que celles que leur donnent nos l'achetés, l'accompagnèrent fidèlement jusques à la mort, qui termina ses longs et honorables mérites, et commença les bienheureuses récompenses dont sou âme alla jouir au ciel, le 8 du mois d'août, en l'année 1425. Son corps fut enterré, comme il avait ordonné, en son église de Caruunty, à qui il avait toujours procuré autant de bien et de félicité, qu'aurait pu luire un ange lulélaire. »

TOMBEAU DU CARDINAL D'aili.y.

Hic jacel Rcvercndus Pater Dominos

Pelrus ilcAlinco, Theologiae

Doctor, qoondiiin Episcopns

Cameracensis. Orale pro eo.

Mors rapuil Pelrum, etc.

Voy. art. Sander, Thevkt, Claude RoBert, Jean Chenu, Posskvin, Rkllarmin.

AIMKRIC de Magnac , Français, évoque oe Paris, nommé en 1383 par l'antipape Clément VU , prètre-cardinal du litre do Saint-Kusèbe, mourut en 1385.

ALATR1 (hugues D"), ainsi nommé d'Alatri, ville de la campagne de Rome, fut cré* cardinal par le. pape Pascal III, et employé en différentes négociations. — Il inour.it sous le pontificat de Calixlell, au commencement du xn* siècle.

ALATRI (geoffroi D') , nommé cardinal par Urbain IV, en décembre 1261, fonda l'église de Saint-Etienne d'Alatri, et fut emporté parla pesleen 1287.(Foy. Onuphre; Ciaconius;Aiiikiiv, Bist. des cordinaux.)

ALBANI (jean Jérôme) , néaBergame, était fils du comte François Albani, qui la fit élever avec soin dans l'étude des belleslettres , et dans la jurisprudence civile et canonique. — Après avoir servi dans les troupes de la république de Venise, il en reçut pour récompense la principale magistrature de Bergame, où il se maria. Le cardinal Alexandrin , qui était alors inquisiteur de la foi dans l'état de Venise, eut ocsion d'y connaître Albani. Il admira son savoir et son zèle pour la religion , zèle qu'il fil éclater môme contre un de ses plus proches parents, accusé d'hérésie. Lorsqu'Alexandrin eut été élevé sur le SaintSiège, en 15GG , sous le nom de Pie V, il appela à Rome Albani, qui avait perdu sa femme , et le fil cardinal en 1570. Après la mort de. Grégoire XIII , en 1585 , on l'eut promu au pontificat, sans la crainhe qu'on avait de voir régner avec lui les enfants qu'il avait eus de son mariage. Il mourutau

en 1591. On a de lui un Irailé , De immunitale ecclesiarum , qu'il avait dédié au Pape Jules III, en 1553; De potcslale Pupœ et concilii, imprimé à Lyon eu 155S, et à Venise, 1561; De donalione Constantin) ; De cardinalibus, elc. ( Voy. Lbmire , De script, seccuit xvi ; — Aubert, Uisl. des cardinaux.)

ALBANI (jean-françois).Voy. CléMent XI.

 

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Published by La Cité du Vatican - dans CARDINAUX
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